Un certain cinéma Anglais n'en finit pas de régler ses comptes avec l'époque Thatcher. Au vu des dégâts sociaux causés par ce gouvernement, on les comprend.
Maggie, outre son coeur de pierre, aimait les philosophies simples : "la société n'existe pas , seuls les individus comptent". Elle a donc entrepris de briser brutalement et méthodiquement tout ce qui pouvait ressembler à l'expression d'une solidarité organisée (Syndicats, associations, Etat Providence .....) pour laisser les individus seuls face au monde et à leur destin.
Pour le petit Shaun, dont le père vient d'être tué dans une guerre stupide (les Malouines), le monde se résume à un exercice de survie quotidien dans une banlieue ouvrière rongée par le chômage et la misère. Au jour le jour, il doit affronter la violence, le manque d'argent, le dénigrement et la solitude. Son seul rêve : partir. Espoir que sa mère se chargera d'anéantir en lui rappelant le départ est tout simplement matériellement impossible. Pas d'échappatoire pour le petit Shaun.

Ou plutôt si, une alternative s'offre au détour d'une rue, une bande de jeunes tout aussi larguée que lui qui fera office de bouée de sauvetage. Shaun fait maintenant partie d'un gang. Il découvre l'amitié, les premiers émois sensuels mais aussi un nouveau mode de vie fait de glandouille, de consommation de bières et d'herbe. Une manière de résister ensemble à la dureté du monde extérieur. Cet assemblage de personnalités fragile reste néanmoins un radeau à la dérive sensible aux vents mauvais. Le fragile équilibre du groupe va être mis en péril par la sortie de prison d'un ex-membre du gang, violent, manipulateur et acquis aux d'extrème droite, qui entraînera une partie de ces jeunes dans une spirale de violences racistes.
Le cinéma Anglais sait parler de la classe ouvrière. Il le fait parfois avec humour et d'autre fois des récits d'une noirceur sans concession. Ce film appartient à la seconde catégorie, celle qui démonte les phénomènes sociaux pour nous renvoyer cette réalité à la figure sous forme d'une fiction implacable. Le regard du réalisateur n'est pas moralisateur, il est clinique et en même temps d'une profonde empathie pour ses personnages. La force du cinéma anglais réside certainement dans cette capacité d'aborder la question sociale au travers de caractères et de situations d'une grande authenticité.
A voir donc absolument.
Maggie, outre son coeur de pierre, aimait les philosophies simples : "la société n'existe pas , seuls les individus comptent". Elle a donc entrepris de briser brutalement et méthodiquement tout ce qui pouvait ressembler à l'expression d'une solidarité organisée (Syndicats, associations, Etat Providence .....) pour laisser les individus seuls face au monde et à leur destin.
Pour le petit Shaun, dont le père vient d'être tué dans une guerre stupide (les Malouines), le monde se résume à un exercice de survie quotidien dans une banlieue ouvrière rongée par le chômage et la misère. Au jour le jour, il doit affronter la violence, le manque d'argent, le dénigrement et la solitude. Son seul rêve : partir. Espoir que sa mère se chargera d'anéantir en lui rappelant le départ est tout simplement matériellement impossible. Pas d'échappatoire pour le petit Shaun.

Ou plutôt si, une alternative s'offre au détour d'une rue, une bande de jeunes tout aussi larguée que lui qui fera office de bouée de sauvetage. Shaun fait maintenant partie d'un gang. Il découvre l'amitié, les premiers émois sensuels mais aussi un nouveau mode de vie fait de glandouille, de consommation de bières et d'herbe. Une manière de résister ensemble à la dureté du monde extérieur. Cet assemblage de personnalités fragile reste néanmoins un radeau à la dérive sensible aux vents mauvais. Le fragile équilibre du groupe va être mis en péril par la sortie de prison d'un ex-membre du gang, violent, manipulateur et acquis aux d'extrème droite, qui entraînera une partie de ces jeunes dans une spirale de violences racistes.
Le cinéma Anglais sait parler de la classe ouvrière. Il le fait parfois avec humour et d'autre fois des récits d'une noirceur sans concession. Ce film appartient à la seconde catégorie, celle qui démonte les phénomènes sociaux pour nous renvoyer cette réalité à la figure sous forme d'une fiction implacable. Le regard du réalisateur n'est pas moralisateur, il est clinique et en même temps d'une profonde empathie pour ses personnages. La force du cinéma anglais réside certainement dans cette capacité d'aborder la question sociale au travers de caractères et de situations d'une grande authenticité.
A voir donc absolument.


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