L'accès de fureur qui vient d'embraser Villiers le Bel n'est pas une simple réplique des émeutes de 2005. Il s'agit d'un seisme d'une magnitude encore jamais égalée sur une échelle de richter de la violence dont on ne sait plus très bien combien elle compte de degrés : 130 policiers blessés en à peine 2 nuits d'affrontement.
Face à un tel déchainement de violence, la classe politique a senti, un moment, le sol se dérober sous ses pieds. Dans un trop rare élan de sincérité, Yves Jego, porte-parole de l'UMP, reconnaissait " qu'on ne pouvait résoudre 30 ans de dégradation continue dans les banlieues en quelques mois", "que le travail de reconstruction prendrait peut être une génération" et "qu'il fallait s'attaquer à améliorer les conditions de vie et d'emploi dans ces quartiers". Bref, le pari de la lucidité pour tenter de contenir ces éruptions de colère.
Mais voilà, le taulier, qui était occupé à vendre des centrales nucléaires en Chine, est revenu in petto recadrer les volontés vacillantes. La sécurité, c'est son fond de commerce, sa marque de fabrique, sa martingale électorale ; hors de question de laisser dilapider ce joli capital. Le rouleau compresseur Sarkozyste s'est donc mis en branle ; en quelques heures, l'espace médiatique était saturé de la présence de notre omniprésident : visite aux policiers blessés, grande messe rassemblant 2000 policiers et gendarmes, réception des familles des victimes de l'accident et interview aux JT de 20 heures.

Pour délivrer quel message ? "Ce qui s'est passé à Villiers-le-Bel n'a rien à voir avec une crise sociale, ça a tout à voir avec la voyoucratie". Si ces caids de banlieue ont pu prospèrer, c'est le fait d'une idéologie "laxiste", directement héritée de 68, coupable de faire "de chaque délinquant une victime de la société". Le seul remède à la violence éndémique qui ronge les banlieues ? la répression, encore la répression, toujours la répression.
Une fois de plus, Sarkozy pose la société en "victime" d'une idéologie de l'"angélisme" qui n'a plus court pour escamoter le bilan de ces 5 dernières années comme premier flic de France. Tour de passe-passe gonflé pour celui qui jure vouloir être jugé sur ses résultats ! Pour l'instant, ces rhétoriques guérrières continuent de rassurer face aux flambées de violence, mais pour combien de temps encore ? Car en dépit de l'accumulation d'actions et de dispositions toujours plus repressives, l'insécurité n'a pas reculé. Si la posture de petit coq de combat a permis de grapiller 5% des voix au FN, elle a également montré ses limites sur le terrain de la lutte contre la délinquance.
Je n'ai aucune forme d'indulgence ou de compréhension pour des voyous qui tirent à balles réelles sur la police. Ils méritent une sanction d'une sévérité exemplaire. Mais, nier le poids de la crise sociale dans la montée de la violence au nom d'une espèce d'absolutisme du principe de responsabilité individuelle est une erreur tragique. Renoncer à comprendre les mécanismes sociaux et culturels qui alimentent ce rejet de toute forme d'autorité revient à accepter la relégation inexorable de ces quartiers aux marges de la société. La fermeté sans la justice sociale est une impasse (et inversement). Les émeutes de Viliers-le-Bel nous ont rappelés violemment ce principe politique.
Face à un tel déchainement de violence, la classe politique a senti, un moment, le sol se dérober sous ses pieds. Dans un trop rare élan de sincérité, Yves Jego, porte-parole de l'UMP, reconnaissait " qu'on ne pouvait résoudre 30 ans de dégradation continue dans les banlieues en quelques mois", "que le travail de reconstruction prendrait peut être une génération" et "qu'il fallait s'attaquer à améliorer les conditions de vie et d'emploi dans ces quartiers". Bref, le pari de la lucidité pour tenter de contenir ces éruptions de colère.
Mais voilà, le taulier, qui était occupé à vendre des centrales nucléaires en Chine, est revenu in petto recadrer les volontés vacillantes. La sécurité, c'est son fond de commerce, sa marque de fabrique, sa martingale électorale ; hors de question de laisser dilapider ce joli capital. Le rouleau compresseur Sarkozyste s'est donc mis en branle ; en quelques heures, l'espace médiatique était saturé de la présence de notre omniprésident : visite aux policiers blessés, grande messe rassemblant 2000 policiers et gendarmes, réception des familles des victimes de l'accident et interview aux JT de 20 heures.

Pour délivrer quel message ? "Ce qui s'est passé à Villiers-le-Bel n'a rien à voir avec une crise sociale, ça a tout à voir avec la voyoucratie". Si ces caids de banlieue ont pu prospèrer, c'est le fait d'une idéologie "laxiste", directement héritée de 68, coupable de faire "de chaque délinquant une victime de la société". Le seul remède à la violence éndémique qui ronge les banlieues ? la répression, encore la répression, toujours la répression.
Une fois de plus, Sarkozy pose la société en "victime" d'une idéologie de l'"angélisme" qui n'a plus court pour escamoter le bilan de ces 5 dernières années comme premier flic de France. Tour de passe-passe gonflé pour celui qui jure vouloir être jugé sur ses résultats ! Pour l'instant, ces rhétoriques guérrières continuent de rassurer face aux flambées de violence, mais pour combien de temps encore ? Car en dépit de l'accumulation d'actions et de dispositions toujours plus repressives, l'insécurité n'a pas reculé. Si la posture de petit coq de combat a permis de grapiller 5% des voix au FN, elle a également montré ses limites sur le terrain de la lutte contre la délinquance.
Je n'ai aucune forme d'indulgence ou de compréhension pour des voyous qui tirent à balles réelles sur la police. Ils méritent une sanction d'une sévérité exemplaire. Mais, nier le poids de la crise sociale dans la montée de la violence au nom d'une espèce d'absolutisme du principe de responsabilité individuelle est une erreur tragique. Renoncer à comprendre les mécanismes sociaux et culturels qui alimentent ce rejet de toute forme d'autorité revient à accepter la relégation inexorable de ces quartiers aux marges de la société. La fermeté sans la justice sociale est une impasse (et inversement). Les émeutes de Viliers-le-Bel nous ont rappelés violemment ce principe politique.


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