Le traité de Lisbonne va être ratifié dans quelques jours dans la quasi-indifférence générale (voir ici le calendrier de ratification). Par ratifier, il faut comprendre qu'il ne sera voté ni par vous ni par moi, qu'il n'y aura ni référendum, ni campagne, ni débat. Que dalle, nada, niente, nothing, nichts,.... .
La parenthèse du non au Traité constitutionnel Européen sera alors définitivement close par ceux-là même qui s'étaient sentis bafoué par le vote de mai 2005. Les parlementaires vont donc ratifier un traité qui stipule dans son article 1er que " l'Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie ...." en commençant par s'asseoir sur la dite démocratie. Chacun appréciera la force des convictions démocratiques de nos élus.
Théoriquement, ce texte peut être toujours être rejeté au niveau du congrès puisque toute modification constitutionnelle doit obtenir la majorité des 3/5 ème pour être adoptée. Mais voilà, pour atteindre la minorité de blocage des 2/5 ème, il faudrait que l'ensemble des courants d'opposition à Sarkozy se rappellent leurs engagements de campagne. Hélas, on a toutes les raisons de douter de leur constance.

Par exemple, Ségolène Royal, pour une fois en phase avec la position majoritaire du PS, justifie ainsi son revirement (blog Désir d'avenir) : " Pendant la campagne présidentielle, je me suis engagée en effet à consulter les Français. Ma prise de position actuelle qui consiste à dire oui à une ratification parlementaire du mini-traité peut paraître contradictoire. Elle s'explique par le fait que ce texte étant vraiment minimum,cela ne mérite pas un référendum." Mais, jamais à une contradiction près, elle déclare à Libération :"Je crois que ce traité, même imparfait, peut remettre l’Europe en marche. L’intégration de la Charte européenne des droits fondamentaux est une avancée très importante. C’est pourquoi nous devons faire bloc avec les socialistes portugais, espagnols, allemands et les autres, et adopter ce texte le plus vite possible pour passer à l’étape suivante : la préparation du traité social."
"Texte minimum" ou "avancée très importante", on a bien du mal à s'y retrouver dans le discours de Mme Royal. Mais, nous en avons désormais l'habitude, elle avait déjà confié ne pas avoir cru aux 35 heures et ni au SMIC 1500 euros, elle montre aujourd'hui un attachement tout relatif au concept pourtant ultra-médiatisé de "démocratie participative" développé pendant la campagne éléctorale. Son malaise, au-delà de la maladresse rhétorique, vient du fait qu'il n'existe aucun argument sérieux à opposer à la tenue d'un référendum, pour la simple et unique raison que ce traité est un copié-collé du précédent rejeté par le vote.
Le PS s'apprête donc, en catimini, à prêter main forte à Wladimir Sarkozy dans cette opération de déni démocratique. Il y avait pourtant une autre voie pour les Socialistes, celle qui combinait conviction et courage. La force de la conviction pour ne pas céder sur la question démocratique en exigeant la tenue d'un référendum et le courage politique de défendre devant les électeurs le choix du oui. Mais conviction et courage semble avoir disparu de la grammaire socialiste. La démocratie a perdu une voix. C'est bien triste.
La parenthèse du non au Traité constitutionnel Européen sera alors définitivement close par ceux-là même qui s'étaient sentis bafoué par le vote de mai 2005. Les parlementaires vont donc ratifier un traité qui stipule dans son article 1er que " l'Union est fondée sur les valeurs de respect de la dignité humaine, de liberté, de démocratie ...." en commençant par s'asseoir sur la dite démocratie. Chacun appréciera la force des convictions démocratiques de nos élus.
Théoriquement, ce texte peut être toujours être rejeté au niveau du congrès puisque toute modification constitutionnelle doit obtenir la majorité des 3/5 ème pour être adoptée. Mais voilà, pour atteindre la minorité de blocage des 2/5 ème, il faudrait que l'ensemble des courants d'opposition à Sarkozy se rappellent leurs engagements de campagne. Hélas, on a toutes les raisons de douter de leur constance.

Par exemple, Ségolène Royal, pour une fois en phase avec la position majoritaire du PS, justifie ainsi son revirement (blog Désir d'avenir) : " Pendant la campagne présidentielle, je me suis engagée en effet à consulter les Français. Ma prise de position actuelle qui consiste à dire oui à une ratification parlementaire du mini-traité peut paraître contradictoire. Elle s'explique par le fait que ce texte étant vraiment minimum,cela ne mérite pas un référendum." Mais, jamais à une contradiction près, elle déclare à Libération :"Je crois que ce traité, même imparfait, peut remettre l’Europe en marche. L’intégration de la Charte européenne des droits fondamentaux est une avancée très importante. C’est pourquoi nous devons faire bloc avec les socialistes portugais, espagnols, allemands et les autres, et adopter ce texte le plus vite possible pour passer à l’étape suivante : la préparation du traité social."
"Texte minimum" ou "avancée très importante", on a bien du mal à s'y retrouver dans le discours de Mme Royal. Mais, nous en avons désormais l'habitude, elle avait déjà confié ne pas avoir cru aux 35 heures et ni au SMIC 1500 euros, elle montre aujourd'hui un attachement tout relatif au concept pourtant ultra-médiatisé de "démocratie participative" développé pendant la campagne éléctorale. Son malaise, au-delà de la maladresse rhétorique, vient du fait qu'il n'existe aucun argument sérieux à opposer à la tenue d'un référendum, pour la simple et unique raison que ce traité est un copié-collé du précédent rejeté par le vote.
Le PS s'apprête donc, en catimini, à prêter main forte à Wladimir Sarkozy dans cette opération de déni démocratique. Il y avait pourtant une autre voie pour les Socialistes, celle qui combinait conviction et courage. La force de la conviction pour ne pas céder sur la question démocratique en exigeant la tenue d'un référendum et le courage politique de défendre devant les électeurs le choix du oui. Mais conviction et courage semble avoir disparu de la grammaire socialiste. La démocratie a perdu une voix. C'est bien triste.


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